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21 Emanations 2006

Serge Baudot in JAZZ HOT n°632:

(...) ‘C’est assez fatigant à écouter, on dirait un orchestre symphonique en train de se chauffer dans la fosse en attendant l’arrivée du chef »


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Disque d’émoi Jazz Magazine numéro 572 Juillet-août 2006
par Timur Arslan
 
10 Ans que l’étoile Octurn brille au firmament du jazz européen. Depuis ses débuts en 1996 avec « Chromatic History » (sur le label W.E.R.F), le collectif projette une musique protéiforme en diable : aucun cadre ne peut sérieusement prétendre la limiter puisqu’elle concentre la réflexion de musiciens apostats du classicisme. La musique du tout nouveau projet « 21 Emanations » brosse à coups d’esquisse une géométrie fascinante. Deux disques pour deux heures de musique vertigineuse où les musiciens installent en pensée le vide de la méditation collective à titre de dispositif expérimental. Bo van der Werf, gardien du phare Octurn mais aussi souffleur baryton du Magic Malik Orchestra, raconte la genèse de ce projet : « Je pense que la musique est née d’un éblouissement indicible : une marche autour du monastère bouddhique tibétain de Pemayangtse, au Sikkim, un matin très tôt, au soleil levant…Avec le recul, les différentes constructions rythmiques, harmoniques et mélodiques me semblent habitées par cet instant privilégié, ce moment de suspension magnifique ». La musique du premier disque tient du songe éveillé, elle cloue le temps par intervalles, parvenant d’un simple zéro à métamorphoser un sourd chaos : les structures rythmiques mises en place  par le batteur et les deux bassistes sont littéralement déchirées par les solistes : Malik à la flûte et Laurent Blondiau aux trompettes, Guillaume Orti à l’alto et Bo van der Werf , sans oublier les interventions cruciales d’inquiétude de Jozef Dumoulin et Pierre Van Dormael. Le second disque applique une couche électronique au magma sonique en évitant les poncifs. Une chose est sûre, l’expérience Octurn ne portera ses fruits qu’en votre présence. Alors tentez-là !
 
Coup de coeur / LE SOIR novembre 06
Depuis une dizaine d’années Octurn parcourt les chemins abrupts du jazz expérimental avec des albums et des recherches avoisinant la musique contemporaine. Mais entre les portées le groupe laisse aussi parler certaines influences populaires. Ainsi l’un des deux CD 21.emanations est fait de remix électros où Dré Pallemaerts habille l’art premier du tentette avec des sons, mixages et montages rythmiques. Son traitement techno des étranges harmonies d’Octurn peut engendrer une plage aussi galvanisée que ’21.emanations remix’. 15 minutes de défonce, sur une ligne drum’n’bass aussi incisive que les accélérations du rallyman Sébastien Loeb...De quoi embrigader les arpions dans une cadence autoritaire. Répétitif par essence, avec ses séquences en boucle, le genre se trouve ici bousculé judicieusement par des allers et venues entre l’acoustique et la ‘computerisation’, ainsi que par les chorus impressionnistes des solistes. Le moins étonnant n’est pas que cette tranche de musique qui ne ferait pas tache dans la discothèque d’une boite part d’une expression d’avant-garde. Comme quoi, entre art-pop et art savant, le fossé est peut-être plus étroit qu’on ne le pense.`
 
 
Il gruppo belga Octurn è senz'altro una delle formazioni europee più interessanti e questo eccellente doppio album intitolato 21 Emanations conferma la loro sapiente arte dell’arrangiamento, la cura certosina per l’incastro intelligente delle voci, l’arte sopraffina della dilatazione del ritmo in scansioni incantate che sembrano condurci per mano in altri mondi, in altre epoche.La loro musica è modernissima ed è l’equivalente europeo più compiuto degli sforzi che oltreoceano sta portando avanti Steve Coleman e il suo gruppo di adepti che si ritrovano sotto alla sigla M-Base. Eppure in filigrana continuiamo a sentire in questi Octurn una sensibilità quasi medioevale, come se questo gruppo fosse il fiore all’occhiello di un’abbazia prestigiosa, specializzata nel fare musica d’insieme.Le voci dei fiati in particolare sono il punto di forza degli arrangiamenti e non è certo un caso che tutte le composizioni arrivino dal leader del gruppo, il sax baritono Bo Van Der Werf, capace di grandissima sensibilità per le giustapposizioni non solo delle altezze ma anche delle tessiture timbriche. Le tastiere sono sempre ben inserite e riescono a dare il giusto impulso alla ritmica, la chitarra di Pierre Van Dormael è spesso nascosta nelle parti dell’ensemble (che sono la cifra costitutiva di questo album e del gruppo) ma non si fa mancare escursioni sempre ben calibrate. In particolare evidenza è il flauto dell’ospite Magic Malik.I due bassi e la batteria sono sempre al passo, privilegiando spesso situazioni scure dove la musica si addensa e sbuffa le sue tossine, per poi venire fuori con un guizzo, saettante nell’aria frizzante di alta montagna. Il titolo dell’album fa riferimento a pratiche buddiste e anche i singoli brani continuano in questa direzione, con la suite in quattro parti intitolata ad una delle montagne più alte dell’Asia, il Kanchenjunga, che troviamo immortalato, con varie illuminazioni, anche nelle tre doppie pagine del libretto.La bella confezione, bianca come la neve, contiene un secondo CD che vede alcuni brani del disco principale rielaborati con l’ausilio dell’elettronica da Dré Pallemaerts. Sono 55 minuti di riflessioni multicolorate nelle quali la musica si fa ancora più circolare, procedendo per involuzioni che si specchiano più dentro l’anima anziché andare a guardare fuori dalla porta. Quando serve la ritmica viene messa in primo piano e la musica diventa la perfetta colonna sonora per un balletto in alta quota sul tetto del mondo. Portatevi le bombole dell’ossigeno.
 
Valuazione**** Maurizio Comandini in www.allaboutjazz.com/italy
 
L'intitulé de ce disque fait référence au bouddhisme tibétain qui vénère les 21 émanations de la déesse Tara dont la Tara blanche (White Tara) qui incarne le verbe. Cependant, ce n'est pas pour autant une oeuvre mystique ou "évaporée". La musique proposée ici s'organise autour des interactions des éléments de l'orchestre sur la base de compositions denses.
Certes, tout cela peut apparaître comme un peu complexe ou un tantinet "intellectuel" mais il faut accepter de se laisser entraîner dans ce cheminement construit par le saxophoniste baryton Bo Van der Werf pour pénétrer dans les dédales de ces compositions et en apprécier pleinement les qualités. 
Octurn est une formation européenne (Belgique, de France et des Pays-Bas) où l'on retrouve le trompettiste Laurent Blondiau ou le saxophoniste Guillaume Orti. Elle développe depuis une dizaine d'années un mode de fonctionnement orchestral qui la place dans la sphère la plus contemporaine du jazz. On y retrouve les incidences (plus que les influences) du travail d'un Steve Coleman (construction de compositions complexes permettant une large expression des solistes), des musiques de l'Asie (traduite logiquement ici dans certaines couleurs sonores), des musiques électriques ou électroniques contemporaines et un goût certain pour les masses orchestrales qui se trament en arrière plan du jeu des solistes par imbrications, chevauchements d'éléments, décalages... Tout cela n'est pas très éloigné des conceptions de l'invité Malik Mezzadri (alias Magic Malik),  largement présent à la flûte ici. 
Dans ce disque, une composition en 4 parties inspirée par le Kanchenjunga, sommet himalayen dont le nom signifie "cinq trésors de la neige". Une montagne fascinante donc comme le montrent les trois photos qui illustrent le livret de l'album. Une invitation à l'élévation et au cheminement, une quête spirituelle et philosophique symbolique, sans doute. C'est à cela que nous convie Octurn à travers ce disque parfois ardu et tortueux comme un sentier escarpé mais intriguant, voire fascinant car il invite à la découverte. 
En bonus : un remix qui est en fait une lecture personnelle et en cinq parties des compositions de cet album. L'auteur en est Dré Pallemaerts qui a troqué ici sa batterie contre des outils électroniques. Une interprétation riche et intéressante dans laquelle on retrouve souvent les préoccupations d'un batteur dans l'agencement et la mise en valeur des composantes rythmiques. Un traitement électronique qui s'adapte bien à la matière sonore complexe que propose Octurn.
Thierry Giard in ‘ www.culturejazz.net ‘  juin 2006
 
 
Le Mange-Disques Par Daniel Yvinec
Jazz Magazine numéro 572 Juillet-août 2006
 
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« 21 Emanations » est un album étonnant. Ce diptyque  propose une musique puissante et singulière, remixée (CD n°2) avec art par le batteur- «laptopiste » (Doctor) Dré Pallemaerts. On y observe des couleurs inconnues dans lesquelles évoluent brillamment une équipe de musiciens en tout point remarquables.
 
Daniel Yvinec in ‘Jazz Magazine’, summer 2006
 
 
Parmi les européens qui ont su le mieux faire fructifier l’héritage de Steve Coleman, Octurn est un des rares orchestres à avoir choisi ce type de format, foisonnant dans son envergure polyphonique, mais préservant constamment la lisibilité de son déploiement. Composé dans son intégralité par Bo Van der Werf, ’21 emanations’ se réfère au bouddhisme tibétain, précisément aux 21 émanations de la déesse Tara symbolisant les mythes de la création. Dès l’ouverture, une trame rythmique s’impose ( enrichie par le doublement de la basse ) sur laquelle se fonde l’émergence des solistes. Au fil des pièces, c’est cette double identité qui est mise à l’épreuve, un face-à-face d’improvisations croisées avec une structure en mouvement permanent lancée par des thèmes aux contours anguleux. Se dessine peu à peu un jeu sur l’empreinte du temps, l’ (a)pesanteur, cette question de la durée de l’élan collectif : parfois source de réparties cinglantes ( Magic Malik dans la pièce titre ) mais aussi parfois avec le risque de tourner en rond ( ‘Presence’ ). Le deuxième disque intitulé ’21 emanations_remix’ en offre une réponse judicieuse. Dré Pallemaerts ( par ailleurs batteur ) s’empare de la matière orchestrale pour la re-mettre en perspective via des traitements électroniques. Créant  de nouvelles lignes de force, il dissocie, agence les éléments, privilégiant un soliste et le contexte rythmique ( plus offensif ), déjouant la polyphonie originelle. Un double regard, à la fois introspectif et foncièrement ludique.
 
Thierry Lepin in ‘JAZZMAN’, summer 2006
 
 
La Sélection du Mois  ‘Dragonjazz.com’ ( july 2006 )
 
Depuis une dizaine d’années (leur premier album Chromatic History est sorti sur le label De Werf en 1996), le collectif Octurn flirte avec un Jazz expérimental entre une musique contemporaine écrite et des improvisations sur des pulsions rythmiques à la Steve Coleman. Ce double album ne renie en rien cette approche sophistiquée qui n’est certes pas facile d’accès (à cause de l’absence de mélodies) mais qui, pour autant que l’on s’accroche un peu, s’avère vite passionnante. Le fil conducteur de ce nouvel album est le bouddhisme tibétain et plus particulièrement les 21 émanations de la déesse Tara. Mais même si l’on retrouve ici et là quelques sonorités aux couleurs orientales (Chandler Sardjoe est aux percussions), il n’y a aucun mysticisme naïf qui sous-tend ce projet par ailleurs d’une agréable simplicité : la pochette de l’album est d’une blancheur immaculée sans aucune note et les secrets du livret tout blanc résident en trois superbes photos d’un sommet himalayen (le Kanchenjunga) qui portent en elles bien plus de magie que tout ce qu’on pourrait écrire. Ce qui frappe le plus, c’est que ce disque n’offre que peu de solos mettant en vedette l’un ou l’autre des dix musiciens de l’orchestre. Chacun joue une partition qui s’insinue dans celle des autres et c’est de l’ensemble de ces interactions, affinées pendant les nombreuses répétitions, que naît la musique, ambitieuse, étrange et envoûtante. Ceci dit, la masse orchestrale n’étant jamais étouffante, l’esprit se plaît à suivre les développements des musiciens individuels et l’on se retrouve à écouter au fil des plages le piano méditatif de Fabian Fiorini (Green Tara), la flûte sinueuse de Magic Malik (Growth) ou le baryton de Bo Van Der Werf entrelacé avec l’alto de guillaume Orti et la trompette de Laurent Blondiau (21 Emanations). Les instruments acoustiques se marient merveilleusement aux électriques pour créer un édifice sonore moderne, véritable espace de rencontres où la mélodie cède sa place à des échanges aussi abstraits qu’une dissertation philosophique, genre "la musique fait émerger les souvenirs de l’inconscient". Mais sur les titres plus enlevés, la densité rythmique des basses (Jean-Luc Lehr et Otti Van Der Werf) et de la batterie (Sardjoe) nous ramène parfois aux meilleurs moments d’Aka Moon et à leur Jazz-Fusion du futur et là, il arrive que les vibrations du corps l’emportent sur les ondes spirituelles. Le second compact de l’abum est un remix de deux titres du premier disque plus trois nouvelles compositions. Si Roots et Orange relèvent davantage de la musique Ambient, Hogon, 21 Emanations et surtout Growth sont de grandes équipées fusionnelles subtilement habillées de textures électroniques discrètes concoctées par le batteur Dré Pallemaerts reconverti pour l’occasion en sorcier du laptop. Il arrive trop souvent que de telles expériences n’apportent rien sinon à coller un drum’n’bass ou à réduire la musique en un babillage informe et sans intérêt. Ici, au contraire, le monde sonore d’Octurn s’enrichit d’une électronique intelligente qui filtre, spatialise et manipule l’orchestre telle une conscience intérieure : la musique prend alors une nouvelle dimension sans doute parce qu’au départ, elle portait déjà en elle les germes de sa modernité. Décidément, d’un disque à l’autre, Octurn se renouvelle constamment et s’avère toujours aussi excitant !
 
Pierre Dulieu in ‘Dragonjazz.com’, july 2006
 
Formation à géométrie variable qui a évolué du post-bop ( ‘Chromatic History’ ) vers une subtile fusion entre M-Base et musique contemporaine ( ‘Ocean’, ‘Round’, ‘Dimensions’ ), Octurn est assurément l’une des formations phares de la scène belge actuelle. Après avoir été au service de compositeurs souvent extérieurs ( Kris Defoort, Denis Pousseur, Neal Kirkwood, Frederic Rzewski, Kenny Werner ) voici le premier album entièrement consacré à des thèmes écrits par le saxophoniste baryton Bo Van der Werf. Le projet ‘ 21 emanations ‘ est né d’un voyage initiatique au Sikkim et fait référence à l’une des plus anciennes divinités spirituelles du bouddhisme, la déesse Tara, vénérée pour ses 21 émanations. Le double CD publié par le label nantais YOLK propose, en fait, deux perspectives différentes de la même musique. Le premier CD rassemble quelques fidèles de la formation, déjà présents sur l’album ‘Dimensions’, soit l’altiste français Guillaume Orti, le pianiste Fabian Fiorini, le guitariste Pierre Van Dormael, les bassistes Jean-Luc Lehr et Otti Van der Werf ainsi que lke batteur Chander Sardjoe et accueille deux nouvelles personnalités, le claviériste Jozef Dumoulin et le flutiste Magic Malik qui s’est complètement investi dans ce projet. Largement dédié à la déesse Tara ( ‘Green Tara’, ‘White Tara’ ) et à une suite en quatre mouvements inspirée par le spectacle grandiose du Kanchenjunga, troisième sommet du monde, ce premier CD apparait assurément comme l’une des réalisations les plus abouties d’Octurn, tant pour son écriture sophistiquée et la riche texture de sa masse sonore que pour la qualité de ses solistes. Tout au long des dix plages, l’imbrication des instruments acoustiques avec les instruments électriques est parfaite, et si certaines plages comme ’21 emanations’ sont sous-tendues par une pulsion davantage rock, l’ensemble baigne dans une quiétude sereine. Le deuxième CD, sorte de version remix concoctée à partir des manipulations réalisées en studio par Dré Pallemaerts, propose, pour sa part, une musique beaucoup plus électronique. Pour preuve, le premier thème ‘Roots’, élaboré en trio entre claviers électriques, piano et traitement électronique. Sur les quatre autres plages, le groupe s’élargit à nouveau, avec notamment des interventions vocales de Magic Malik ( ‘Orange’, ‘Growth’ ). Au travers de sa polymodalité, de son recours à des modes symétriques ou de ses superpositions rythmiques ( écoutez notamment le riche tissu percussif tramé par Chander Sardjoe sur ‘Presence’ ), la musique d’Octurn apparait toujours comme l’une des plus ambitieuses du moment et l’une des plus fécondes puisque les projets se bousculent : l’enregistrement de la « North Country Suite » composée pour Octurn par Pierre Van Dormael, un projet en collaboration avec l’ensemble de musique contemporaine Ictus ou ce répertoire conçu par Magic Malik en collaboration avec Gilbert Nouno, un informaticien de l’IRCAM, et présenté début juin au Sounds.
 
Claude Loxhay in ‘Jazzaround’, juillet 2006
 
 
TOP CD***** in Jazzmozaiek, July 2006
 
De composities van Bo Van der Werf zijn moeilijk te definiëren ruimtelijke muziekexploraties, het is alsof deze muziek vraagt om boven de wolken uit te stijgen. En daar pas echt tot zijn recht komt, op eenzame hoogten. Zijn inspiratie zit ook heel hoog als je voortgaat op de plek waar de ‘creative trillingen’ voor dit project zijn ontstaan : het Tibetaanse boeddhistenklooster van Pemayangtse in Sikkim. En dit ‘s morgens bij zonopgang : een processie, de roephoorns, de klokken, het monnikengezang, spelende kinderen, het Kanchenjunga gebergte in de verte...
De titel van het album verwijst naar Tara: het Tibetaanse boeddhisme vereert 21 emanaties van Tara met als belangrijkste de Witte Tara, die het woord belichaamt, en de Groene Tara, symbool van bevrijding. Zoals Van der Werf zelf uitlegt, is ’21 emanations’ ook een eerbetoon aan de vredelievende kracht van Tara.
In Green Tara overheerst een mediterende solo op fluit ( Magic Malik ), heel harmonieus, om over te gaan in Growth(coda) dat effectief het tempo opvoert en dan barst het hele orkest los in Kanchenjunga, een soort suite met vier delen. Op deel 3 ( Central ) soleert Jozef Dumoulin subliem op fender rhodes. Het vierde deel ( South ) brengt met een ‘biddende’ fluitsolo en flarden piano ( Fabian Fiorini ) de muziek stilaan op een hoogtepunt.
De rust keert terug in White Tara- fender, piano en electronics- en luidt 21 emanations in, dat explodeert met blazers, gitaar,  bassen en drums. Presence en de afsluiter Calcutta zijn opnieuw knappe thema’s en bewijzen Van der werf’s grote arrangeerkunsten en verankering in de jazz.
CD 2 is een remix door Dré Pallemaerts. Ondanks de elektronica blijft het geheel harmonisch overeind.
’21 emanations’ is een collectief evenwichtige, sterk ritmisch gedreven en toch knap onderkoelde, soms minimalistische CD. En is dat niet de essentie van Tara?
 
Bernard Lefèvre in ‘Jazzmozaiek’, july 2006
 
 
Het canvas voorbereiden
***
Het motto van Octurn is universeel: hartstochtelijk op zoek naar klank.
 
Subsidiemechanismen zorgen ervoor dat we in België eigenlijk twee 'vaste' jazzensembles hebben: het Brussels Jazz Orchestra en Octurn. Nu ja: de bezetting evolueert en varieert naargelang het project, al is er altijd een vaste kern. Bij Octurn ligt het initiatief al jaren vooral bij baritonsaxofonist Bo Van der Werf. Hij leverde ook al het materiaal voor de intrigerende nieuwe plaat 21.emanations, een dubbele cd die officieel op 19 juni verschijnt, maar die nu al op het internet te bestellen is.
 
Van der Werf leverde de composities, maar het is pianist Fabian Fiorini (ook bekend van Aka Moon) die opent met enkele spaarzame akkoorden. Je proeft wat Webern en Ives. Geleidelijk schuiven de andere muzikanten hun stoel bij. Onder hen de speciale gast Malik Mezzadri uit Frankrijk (alias Magic Malik), maar hij eist zeker niet alle aandacht op. Opvallende stemmen zijn ook die van altsaxofonist Guillaume Orti (een elegante, minder gespierde variant van Steve Coleman), trompettist Laurent Blondiau en de baritonsax van de leider zelf. Maar vooral: dit is geen plaat van solisten, het belangrijkste speelt zich immers af op de achtergrond waar piano's (Fiorini en Jozef Dumoulin), bassen (Otti Van der Werf, Jean-Luc Lehr), drums (Chander Sardjoe) en gitaar (Pierre Van Dormael) al discussiërend het canvas voorbereiden. De titel 21.emanations verwijst naar het Tibetaanse boeddhisme, voor Bo Van der Werf de eigenlijke inspiratiebron voor dit album. Je hoeft echter geen speciale band met dat boeddhisme te hebben om aan te voelen wat hier gaande is. Het motto van Octurn is immers universeel: hartstochtelijk op zoek naar klank. Dat is heel voelbaar, zelfs nog explicieter op de tweede cd, waar Dré Pallemaerts nog een pak elektronica door de groep mixt.
Deze muziek moet eigenlijk een concertleven gaan leiden om verder te groeien.
 
Didier Wijnants in ‘De Morgen’, june 06
 
 
Toen Bo Van der Werf, baritonsaxofonist en leider van Octurn, in Tibet een ochtendwandeling maakte rond een klooster, raakte hij danig onder de indruk. De sfeer riep bij hem een fantastisch gevoel van eenheid en evenwicht op. Die impressies verwerkte hij in het nieuwe dubbelalbum 21. emanations.
De muziek heeft vaak een bezwerend karakter, door de vasthoudende ritmes en door al die door elkaar gevlochten klanken. Soms begint het met enkele spaarzame akkoorden van pianist Fabian Fiorini, dan weer ontwikkelt de muziek zich rond de dwarsfluit van gast Magic Malik. Langzaam komen de twee bassen en de drums in het spel, de dynamiek stijgt en de muziek krijgt karakteristieke Octurntrekken. Vaak is ze dwingend, en stoomt ze voort als een niet te stoppen raderwerk.
 
In ,,Kanchenjunga'', een soort suite, wervelen stemmen door elkaar als vogels die door het luchtruim schieten. Almaar nerveuzer wordende stukken wisselen af met plechtstatige en meer beschouwende nummers. De gitaar, de elektrische Fender Rhodes piano, de opvallende saxofoon van Guillaume Orti: ze nemen opvallende solo's. Nu eens lijkt het hedendaags klassiek, dan weer abstracte funk. Vooral opmerkelijk is het rijke klankdecor dat de hele groep optrekt. Dan klinkt een eigenzinnige collectieve stem. Op de tweede cd mengt Dré Pallemaerts er elektronica tussen. Twee cd's van deze soms wat monotone muziek is een hele hap, maar Octurn is een avontuurlijke band die blijft zoeken.
 
Karel Van Keymeulen in ‘De Standaard’, june 06
 
 
 
 


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